De poussière tu deviendras pierre.

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De poussière tu deviendras pierre.

Message par Baronne de Moringston le Sam 25 Jan 2014 - 0:17

Sur un rempart fraîchement construit, encore couvert de la poussière blanche des chantiers, une grande femme se tenait, observant d'un œil critique les dizaines d'ouvriers s'activant dans la cour d'un manoir fortifié encore en construction.

Le premier mois de la nouvelle année s'achevait, et le soleil tombait sur cette plage tout au nord de la Marche de l'ouest. La baronne de Moringston, connue de certains, surveillait l'avancée des travaux de son nouveau domaine. N'importe qui aurait jugé telle entreprise comme irraisonnée, en connaissant le climat dans la région. On maudissait Hurlevent, on terrorisait les populations, Ruisselune même avait subit une attaque de ces rebelles il y a peu, attaque vaine fort-heureusement.
Mais la dénommée Diane n'était pas comme cela. Ceux qui la connaissent savent la réputation qui la suit. Cette nobliarde aux allures de précieuse n'hésite pas à mettre la main à la pâte, et elle sait commander. Elle est la première à se tenir face à l'adversité, et aime tenter le destin.
Des fonderies et ateliers neufs tournaient déjà depuis de très longues semaines, fournissant à la capitale armures et armes à feu.
Chaque semaine, un navire déchargeait des caisses de minéraux, comme le thorium, alors que les mines de fer aux alentours alimentaient aussi les fours. La main d'oeuvre employée pour les travaux étaient constituée à 90% des pauvres de la région, ceux qui ne jetaient pas des pierres aux "riches". Pour un dur labeur, ils recevaient deux repas par jour et un maigre salaire. C'était toujours mieux que rien. Le reste avait été employé en ville, pour diminuer les risques, notamment les forgerons et ingénieurs en armement.

Toujours est-il que, juchée sur ses cuissardes à talons bien cirées, elle observait cette petite fourmilière, satisfaite de retrouver son industrie, et bientôt un manoir fortifié neuf, à l'architecture gilnéenne, petit morceau de patrie dans cette lande ravagée par la misère.
Elle observait chaque homme ou femme à l'oeuvre. Tout c'était déroulé jusqu'à présent sans incident, et elle-même était passée au travers des nombreux attentats et attaques, par chance sûrement, ou parce que les roublards, coupe-jarrets et autres criminels n'avaient encore aucun intérêt s'en prendre à elle.

Elle se tenait là, peut-être comme un défi ou une provocation, narguant le destin, comme elle aimait tant faire. Des canons légers sortaient déjà des ateliers, prêts à équiper les fortifications encore en construction, alors que chaque jour un peu plus de soldats renforçaient la garnison naissante.
La veille, quelques coups de canons auront d'ailleurs résonné dans les collines desséchées de la Marche. Nulle bataille, mais de simples tests du nouveau matériel.


Ce morceau de falaise, jadis simple amas de roches est de poussière, aujourd'hui porte de nouveaux édifices, élançant leur silhouette sombre dans une audace tranquille.


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Agitation

Message par Baronne de Moringston le Mer 12 Fév 2014 - 14:01

Une autre journée passait, le soleil commençait à flirter avec l'horizon, projetant une lumière chaude et orangée sur les côtes de la Marche.
L'activité s'amenuisait dans les ateliers des armureries Moringston, qui pouvaient maintenant porter le fier nom des Manufactures d'Armes du Mont-d'or.

On racontait que partout dans la région, des paysans, des va-nu-pieds et des bandits de petite semaine se rassemblaient, complotaient, s'armaient.
Comme à son habitude, la Baronne surveillait du balcon de son échauguette, point le plus haut du domaine, qui permettait d'observer les ateliers et les fours.
La tranquillité régnait encore dans cette partie la Marche, les créneaux du manoir garants de cette paix. Quelques fermes reprenaient d'ailleurs du service, alors qu'en ville on planifiait déjà comment remettre cette partie du Royaume en état.

Le regard perçant de Diane fût attiré par du mouvement vers les portes de l'enceinte des ateliers.

Un paire d'ouvriers étaient grimpés sur une charrette, et semblaient entamer un discours, visible par les grands mouvements de bras de l'orateur improvisé. D'autres se rassemblaient à leurs pieds, alors que des gardes se dirigeaient déjà vers l'attroupement, fusils en main. L'introduction du discours ne leur plaisait visiblement pas.
Une vague de huées suivit dans la minute, émise par la petite trentaine de travailleurs qui s'étaient rassemblés curieux. Ils furent jetés à bas de la charrette par les factionnaires, puis attachés et aussitôt éconduits.
La sécurité était affûtée, Diane savait que la tranquillité de durerait pas.


Alors que d'autres chariots quittaient le domaine, leurs bâches cachant des armes aux couleurs du Lion, la Baronne quitta son perchoir, sereine mais alerte.


Dernière édition par Baronne de Moringston le Sam 22 Fév 2014 - 22:38, édité 1 fois
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Convois

Message par Baronne de Moringston le Lun 17 Fév 2014 - 19:53

La moitié du deuxième mois de l'année s'était déjà écoulée. Le soleil au zénith faisait briller la cargaison d'armures d'un chariot, sagement placé dans la cour du manoir fortifié du Mont-d'Or.

Trois personnes se tenaient à côté de celui-ci, une grande et mince, une à l'allure plus carrée, et une troisième silhouette beaucoup plus petite et trapue.

La baronne de Moringston, les mains croisées dans le dos, dominant d'une tête son responsable d'intendance, surveillait ce dernier qui terminait de noter ce que contenait la cargaison sur son calepin.

"-Grayston, vous n'oublierez pas de compter le lot de lances qui arrive. Vous les placerez dans ce chariot avant de le bâcher et de préparer le prochain. Dit-elle, avec son air fermé et autoritaire.

-C'est déjà prévu, madame. L'atelier est déjà en train de mettre les plastrons en caisse." Répondit-il, le nez sur son papier.

La troisième personne se rapprocha: un nain à l'allure patibulaire, un cache-œil grossier cernant un front dégarnit, barbe tressée et longue queue-de-cheval. Une lance et un bouclier rond trônaient dans son dos, en bandoulière, et la poussière jaune de la Marche
salissait ses bottes et semblait incrustée dans les anneaux de son armure.


"-Baronne ! S'exclama-t-il, d'une voix bourrue. J'pense que les route sont définitiv'ment trop dangereuses pour laisser la marchandise sans protection. Les guetteurs ont r'péré du mouvement suspect d'puis quelques jours. Y'a des traces de caravanes et d'campements de nomades. Plus les quelques geulards d'la s'maine passée, ça commence à s'agiter d'plus en plus m'dame.

-En effet, mon capitaine, dit-elle, sur un ton posé. Les flammes de la rebéllion s'intensifient, plus tôt que prévu semblerait-il.
Je veux que ce prochain convoi soit escorté. Faites augmenter les patrouilles, et informez les ouvriers et mineurs que toute tentative de trahison sera écourtée sur le billot. Qu'ils n'osent même pas mordre la main qui les nourrit.

-C'est noté m'dame."

Le nain repartit aussitôt donner ses ordres, en se dirigeant vers le corps de garde de la cour.

"-Ah, et, il paraît que d'autres chefs rebelles ont décidé d'afficher leur propagande en ville. La garde urbaine les a aussitôt fait retirer. Reprit Grayston.

-Ils sont de plus en plus sûrs d'eux. Nous verrons ce que nous réserve l'avenir. Je suis sûre que...

-BAAAROoOoooOOONNE !"

Le capitaine nain revenait en courant, un parchemin à la main, et en criant.

"-Baronne, on vient de m'informer, les salopiauds on fait sauter un morceau du pont sur l'itinéraire de nos convois !

-J'avais bien besoin de ça... Eh bien prévoyez de suite un itinéraire de secours, et tenez-vous au courant pour savoir quand ce pont sera à nouveau praticable."

Elle lança un regard perçant vers les grilles du corps de garde, par lesquelles on pouvait apercevoir la région.

"La partie n'est pas encore jouée."


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Colosse ébranlé

Message par Baronne de Moringston le Mer 19 Fév 2014 - 23:47

"QUOIIIIII ?!"

Un éclat résonna au cœur de la nuit, faisant sursauter une bonne partie des factionnaires du donjon du manoir de Mont-d'or.
Un revers de main balaya le pauvre bureau de la Baronne, alors que son messager se tenait dans l'encadrure de la porte, essayant de se faire le plus petit possible, assistant à la colère de sa dirigeante.


"VOUS ME DITES QU'ON A PERDU POUR PRESQUE 300 PIECES D'OR DE MATERIEL NEUF ?!"

A l'étage du bas, quelques servantes levèrent les yeux au plafond, imaginant l'ouragan qui devait dévaster la pièce du dessus.

"-ET OU EST VRENN ?! OU EST MON CAPITAINE ?!

-Il... il a été signalé disparu, m...madame la baronne..."

Le coursier triturait nerveusement sa missive porteuse de mauvaises nouvelles, ses yeux peu rassurés suivant les cent pas de Diane.

Elle s'arrêta un moment, marmonnant, la garde de son arme subissant sa terrible poigne.


"-Et je parie que c'est un coup de ce fils de lâche de parjure !

-O... oui madame... ils ont attaqué sur l'itinéraire de secours...

-ET COMMENT, AVEC TOUTE LA MILICE VENUE EN RENFORT DANS LA REGION, COMMENT ?!

-Ils étaient peu nombreux, bien cachés, et-"

Il fût coupé dans sa phrase par le violent coup de poing que subit le bureau lorsque Diane y pris place, écumant de rage.

"Je ne vais pas laisser cette bande de pécore faire leurs lois dans ce trou à rats."
Elle jeta un œil à un des parchemins annonçant le début de la reconstruction de la Marche.

"L'aube nouvelle. Tiens, il va être temps d'y apporter mon mot à dire. Ils vont comprendre ce que c'est que d'énerver une gilnéenne."

Le messager se tassa un peu plus sur lui-même, craignant visiblement de la voir perdre son contrôle.

"Ces chiens me prennent mes amis, mes ouvriers, mes prétendants... mais qu'ils touchent à MA propriété..."

Elle se saisit d'une plume, d'un geste vif et rageur, ainsi qu'un parchemin.

"-Ils viennent de se mettre quelqu'un à dos, quelqu'un qui va leur rappeler l'ordre naturel des choses.

-Qu'allez vous faire, dame ?

-Vous allez porter ce pli en ville. S'ils veulent la révolution, on va leur en donner."

Un deuxième coup de poing vint sceller le sceau de cire, la bague résonnant sur le pauvre bois du meuble.

"-Moringston vient les chercher."


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Si vis pacem para bellum

Message par Baronne de Moringston le Ven 21 Fév 2014 - 16:54

Un vent sec soufflait sur la côte nord de la Marche de l'Ouest. Des tourbillons de poussière menaient à mal les hommes qui osaient encore s'aventurer sur les routes, les grains de sable et la terre sèche virevoltant et harcelant l’œil du promeneur.

Les fonderies de Mont-d'Or n'avaient pas tourné de la journée, tout le manoir était sous tension.
La baronne revisitait chaque salle et chaque atelier, tel un rapace cherchant le mulot dans la plaine. Ses gants de cuir crissant sous la poigne qu'elle exerçait, en déambulant à vive allure avec son nouveau capitaine, un air hargneux au visage.

Elle qui s'attendait pourtant à subir les troubles de la rébellion, elle ne digérait pas l'attaque de son convoi. Le colosse de pierre qui s'était si vite implanté dans la région avait pourtant chancelé face à des bandits, peu équipés, mais rusés.

Sa marchandise, aux couleurs du royaume, signée des initiales "M.A.M." équipait maintenant les voyous et les criminels. Ses propres produits se retournaient contre elle.

Elle avait déjà fait enfermer une demi-douzaine d'ouvriers suspicieux, les autres voyant d'un très mauvais œil cette réaction aussi soudaine que brutale. Toutefois il était clair que Diane ne laisserait plus rien passer après un tel coup.

Les rapports pleuvaient sur son bureau. En deux jours, on avait signalé des incendies, des massacres, des épandages suspects, et tous remontaient vers le Nord, possiblement sur Mont-d'Or.

Toutefois, elle ne comptait pas laisser la rébellion empiéter sur ses terres. Au lever du jour, toutes les meurtrières avaient été ouvertes, et au loin on pouvait clairement apercevoir, sur la seule colline qui dominait les environs, l'éclat métallique de la vingtaine de pièce d'artillerie qui étaient braquées dans toutes les directions, autour du manoir.
Les tours de garde avait visiblement été augmentés, si bien qu'on pouvait toujours voir des miliciens patrouiller sur les remparts, par trois.

Des provisions avaient été faites, et plus personne n'entrait ou sortait du manoir sans être contrôlé minutieusement au poste de garde.
En contrebas, les fonderies et ateliers étaient sous surveillance constante.


Diane suivait le vieil adage que sa famille avait suivit depuis 6 générations.


Si tu veux la paix, prépare la guerre.
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Re: De poussière tu deviendras pierre.

Message par Aiden Sul | Le Parjure le Dim 23 Fév 2014 - 13:02

Alors que les remparts étaient tenus d'arrache-pied par les soldats en armure de la baronne de Moringston, un homme vêtu tout de noir se faufila à l'aide de grappins et assassina discrètement les factionnaires qui patrouillaient, il traçait sa route furtivement : il connaissait parfaitement les recoins où il pouvait se faufiler et surtout il ne s'arrêta jamais pour chercher sa direction, tout portait à croire qu'il avait le plan intégral des bâtiments dans la tête.

L'homme pénétra par une large fenêtre, il l'ouvrit délicatement sans faire de bruit, il posa ses pieds au sol et s'approcha du lit d'un pas assez lent pour finalement se pencher au-dessus de la femme qui dormait paisiblement : la baronne de Moringston.

La femme était charmante, elle dormait tranquillement, blottit dans ses couvertures tandis qu'une ombre menaçante plaçait une dague sous son cou. Il restait cagoulé tout en fixant les moindres faits et gestes de la jeune noble.

Mais le contact de l'acier froid réveilla la femme mais elle ne put crier car la main de son oppresseur était déjà sur sa bouche, lui faisant ensuite signe qu'il pouvait la tuer au moindre revers de main. La baronne resta tranquille, fixant intensément son agresseur dans les yeux quoique ceux-ci étaient à peine visibles dans la pénombre et à cause de son accoutrement noir.


L'homme en noir : Il vous laisse une chance, la prochaine fois je ne viendrais pas en simple cambrioleur, la prochaine fois vos couvertures seront tâchées de votre sang tandis que le peuple de la Marche, lui, sera un peu plus libre.

La femme resta sous le silence et resta figée dans la stupeur. L'homme menaçant plaça sur le corps de la baronne une lettre cachetée avant de repartir de là où il était arrivé sans jamais se faire voir, tel un revenant.

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Re: De poussière tu deviendras pierre.

Message par Baronne de Moringston le Dim 23 Fév 2014 - 16:36

Quelques longues secondes passèrent pendant lesquelles Diane fixait la fenêtre par laquelle l'homme venait de s'enfuir. Elle se jeta sur sa pistole restée sur sa table de nuit, s'extirpant de ses draps, en nuisette, et se précipita vers l'issue encore ouverte.


Les légers rideaux flottaient dans la brise nocturne, mais l'intrus avait déjà disparu dans l'obscurité. Abaissant le canon de son arme, elle claqua la fenêtre d'un air rageur, et fit volte-face vers son lit. Elle s'assit lourdement sur son lit, silencieuse, laissant sa pistole à portée de main, puis s'empara de la lettre laissée plus tôt.

D'un coup d'ongle, elle fit sauter le sceau, de son autre main, elle tourna la petit molette de sa lampe à huile pour raviver la petit flamme et éclairer le parchemin.

Parcourant la lettre du regard, son front s'orna d'une veine palpitante, et ses mains se crispèrent sur le papier.

"Qu'il en soit ainsi."
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