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Message par Elenwe le Dim 22 Fév 2015 - 15:54

Pére, Mére.

La vie à la caserne est moins simple que ce que je ne pensais, vous aviez en partie raison sur ce que peut être la vie aux côtés de soldats -même de la Garde Urbaine-. Je fais de mon mieux pour m'intégrer, cependant des différences parfois flagrantes apparaissent entre ma vie et celles de mes collègues. Je m'entends plutôt bien avec les hommes de mon service, en particulier Watchell, un des seuls mage de la garde. Nous nous ressemblons sur bien des points, j'en tire une certaine fierté. Il faut admettre que les autres ne sont pas coutumiers de la magie, et si certains peuvent ignorer les sorts qu'ils me voient utiliser, d'autres sont ébahis par le simple fait de voir voler un livre. Yardar par exemple dans ses réactions face aux sorts vous amuserait beaucoup.

La sévérité ambiante est similaire à celle de l'école de magie, mais c'est ici ce que les soldats ont perdu au fil des ans qui engendre cet état de fait. Parmi eux, certains ont connu des horreurs, restées gravées dans leur attitude et communiquant aux plus jeunes recrues. Avec ce sérieux se perd malheureusement aussi l'émerveillement pour les belles choses de notre monde. Hier, une garde (Shephard -Rien à voir avec le lieutenant) m'a avoué ne pas avoir pris la peine de lever les yeux vers les étoiles depuis trop longtemps. Ces petits événements anodins témoins de ce que peu à peu les gardes perdent à force de confrontation avec la souffrance d'autrui me rendent mélancolique, et nostalgique d'une époque ou tout semblait plus simple. Je m’inquiète pour certain, espérant sans oser leur dire qu'ils n'en perdront pas leur vie sociale, qu'ils pourront à nouveau se confier à quelqu'un sans crainte d'un revers de la vie. Je crois que certains ont déjà abandonné, n'y mettent plus une réelle volonté. Dans mes moments de réflexions les plus sombres, j'en viens à les penser maudits.

Lorsque c'est avec un sourire que j'y pense, je songe à leur ferveur, aux valeurs qu'ils défendent, à l'espoir qu'ils apportent, et j'en viens à comprendre pourquoi ils continuent malgré tout.

Je m'éparpille cependant... Je voulais vous parler de mes rapports avec eux, de mon inquiétude à l'idée de ne pas m'intégrer. Pour l'heure, je peine à communiquer avec les femmes de mon service, en particulier Garten et Cornell, bien que je passe beaucoup de temps à travailler avec elles, je me retrouve à ne plus savoir que leur dire dés que je ne porte plus mon uniforme. Il me semble que c'est la même chose pour elle, et bien que j'aimerais m'en faire des amies, je n'ose ni ne sait comment le leur demander. C'est un silence pesant qui prend alors la relève dans ces cas-là, et de peur d'être trop différente, je n'ose le briser.

Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous sembler m'en plaindre. Je vous promets de conserver le sourire omniprésent qui fait la fierté des Elwing -celui que tu m'as transmis mère, et qui m'a toujours apaisé, et je le pense apaisé ceux que nous aidons- Je ne laisserai pas voir que mon travail me semble parfois difficile, et je prouverai à Shephard (le lieutenant cette fois) et MacLane que je suis digne de leur intransigeance, que je suis digne de m'exclamer avec eux que l'on est Garde, ou que l'on en crève.

J'espère pouvoir vous rendre tout aussi fiers que mes instructeurs à ma prochaine lettre.
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Elenwe
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