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[A faire vivre] [Le Repos Éternel, de Berthe Alma.] - Publié par son fils, Edward. - (Contenu violent)

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Message par Edward Alma le Mar 14 Fév 2017 - 16:11

- Le repos éternel. -

[A faire vivre] [Le Repos Éternel, de Berthe Alma.] - Publié par son fils, Edward. - (Contenu violent) Ana-ul11


- Surwich, le vingt-et-un du second mois de l’an trente-cinq -

La ville, ce soir, devait être vide. Tout le monde était soi-disant invité à un mariage de la noblesse à la capitale du Roy. Pas une seule personne n’était censé être présente, mise à part cette jeune fille aux longs cheveux blonds qui s’occupait de la bibliothèque de Surwich. Le ciel n’était couvert d’aucun nuage et ne comportait pas une seule étoile ; il commençait à prendre une couleur sombre, aussi sombre que le pelage d’un corbeau.  

La jeune fille faisait souvent des allers-retours entre la demeure de sa voisine – Madame Lingthon  - et sa propre demeure, portant de lourdes caisses, toutes couvertes d’un voile noir, sûrement les papiers du domaine privé. Alors qu’elle faisait son dernier aller-retour, des craquements provenant de la demeure de sa voisine se firent entendre. Des craquements aussi secs qu’un os que l’on briserait en deux. Inquiète et très curieuse, elle pencha alors la tête, ne comprenant pas ce qu’il se passait. C’était une femme plutôt réservée, elle n’aimait pas créer de problème. Elle regarda donc la maison de Madame Lingthon , et fini par s’approcher.
 
La maison Lingthon tremblait, un épais nuage noir descendait sur celle-ci, finissant par la couvrir totalement. Tout d’un coup, les beaux vitraux gilnéens éclatèrent, projetant sur la petite blonde une pluie d’éclats. Elle se retrouva ainsi tétanisée devant cette magie noire, et tremblotant de tout son être, elle lâcha la grosse caisse en bois voilée sur le sol. L’épais nuage sombre vient alors s’engouffrer dans les lanternes huileuses des réverbères, plongeant la ville dans l’ombre la plus totale, ne laissant presque aucune visibilité à la jeune fille.   Elle ne savait plus quoi penser. Ses pieds étaient comme cloués au sol, elle ne pouvait même plus bouger ses bras ou ses doigts, tels une statue. Ses cheveux ne volaient plus, pas une brise de vent ne s’abattait sur le village. C’était comme si le temps s’était figé, tout était fixe et silencieux. Elle ouvrit alors la bouche et hurlera ; un hurlement perçant. Au bruit, l’épais nuage noir vient alors faire un rapide mouvement, et étant plus agile que la jeune fille, il apparut derrière elle.  

Elle sentit alors qu’elle pouvait de nouveau bouger. Son corps n’étant plus paralysé elle se retourna et voulu se mettre à courir, mais l’épais nuage noir avait pris la forme d’une silhouette et l’empêcha de fuir. Reculant de peur, elle se mit alors ses bras devant son visage.  

C’était une femme, une femme aux longs cheveux noirs, la peau aussi blanche que la porcelaine, une femme aux visage froid. Ses ongles étaient peints d’un vernis noir et elle bougeait simultanément ses doigts, regardant alors la jeune fille la bouche entre ouverte, prenant alors la parole d’un air totalement dubitatif.  

« Hum, j’aime ce genre d’accueil chaleureux. »


La jeune fille, tétanisée, n’osa même pas répondre. Elle la laissa alors parler, s’abaissant même contre la caisse en bois, par crainte.

« C’est ça, je vous fais une entrée magistrale , et vous, vous pensez que vous pouvez vous mettre derrière une caisse en bois pour vous protéger. Les enfants … quelle hérésie. »


L’impureté de la lumière vient alors faire un mouvement de bras droit, vers le haut, et une brume sombre apparut alors dans sa main droite, venant se poser délicatement sur le corps frêle de la jeune fille. Cette dernière se mit alors à hurler de toute son âme, ses os craquant les uns après les autres. Elle semblait se transformer en pierre, mais non, elle l’avait simplement immobilisé.

« Ma douce, ne hurle pas aussi fort, tu vas te faire peur. Je suis ici pour une bonne raison : toi. Je cherchais une âme à torturer dans le coin, puis tu étais là, dehors. J’ai donc foncé. As - tu peur … ? »


L’impureté se mit alors à rire, tel un démon. Elle regarda la jeune fille de ses yeux noirs, et sourit avant de rire à nouveau ; un rire inquiétant, qui n’annonçait rien de beau, loin de là. La jeune fille alors ne pouvait que bouger les yeux, elle pleurait, les larmes coulant sur ses joues rosées. L’impureté haussa alors les épaules et rompit le sort. La pauvre enfant finit alors par tomber tête la première contre la caisse en bois, assommée, une plaie large sur son front dont le sang coulait.

« Tu es faible, nous allons arranger ça. »


C’est alors avec la plus grande délicatesse qui soit, que la sorcière attrapa la jeune fille par sa chevelure d’or, puis la traina jusqu’à la porte de la cave à l’arrière de la maison de madame Lingthon. La bâtisse était en pierre, dotée d’une petite tour au toit pointu, typique des maisons gilnéennes. Elle prit donc soins d’ouvrir la porte de la cave, puis descendit les marches en bois, sur ses talons noirs, les marches craquant à chaque mouvement du poids lourd qu’elles portaient. Elle vient alors gonfler les joues, d’une mine totalement ennuyée, elle finit par rouler des yeux. Elle jeta la jeune fille sur le sol de la cave, le corps se claquant alors contre la pierre froide. L’endroit était sombre, pas une seule pointe de lumière, et d’un claquement de doigts, des bougies apparurent tout autour de la jeune fille, éclairant la pièce.

« Qu’est - ce que tu es ennuyante, gamine. »


La jeune fille de par le claquement se réveilla toute tremblotante. Elle prit alors avec tout son courage la dague sous sa robe, levant celle-ci contre la sorcière et fonçant sur elle en hurlant. La sorcière, ayant de l’expérience dans les combats et dans diverses techniques de torture, vint canaliser rapidement l’ombre devant la jeune fille, créant un épais mur. La petite tomba contre le sol dans un long soupir, le visage mort, la respiration coupée. Elle se mit alors à hurler une nouvelle fois.

« Non, s’il te plaît, tu risques de me donner un mal de crâne. »


La sorcière leva légèrement les mains, venant clouer le bec de la jeune fille. Le sang sur son visage se mit alors à couler, les yeux écarquillés, elle voulait hurler de douleur, mais elle ne pouvait pas, sa bouche était cousue d’un fil de cuivre.

« Eh bien voilà, tu vois quand on veut, on peut. Bon, j’ai du travail. »


La sorcière fit alors apparaitre d’un épais nuage sombre une craie venant faire des marques d’incantation sur le sol, tout autour de la jeune fille ; des marques complexes, inconnues de tous. Qui était-elle ? Elle finit par sourire, fière de ses runes. Elle détendit peu à peu ses muscles, les jambes assez écartées sur le sol, les bras levés, les yeux regardant le plafond de la cave. D’un geste brusque de ses mains, l’épais brouillard sortit, venant s’engouffrer dans le corps de la jeune fille. Celle-ci semblait morte. La sorcière continua ses incantations impies. Les paroles étaient totalement incompréhensibles pour d’honnêtes citoyens. L’ombre finit par se dissiper totalement dans le corps de la victime. La sorcière recula alors, souriante, et décida de reprendre le pas, partant du village, l’air de rien.



- Surwich, le vingt-deux du second mois de l’an trente-cinq -

Les villageois rentrèrent le lendemain matin à l’aube. Il était six heures du matin, à cheval, tirant des charrettes, ils avaient pour certains des lourds sacs de lin blanc sur les épaules. Ils étaient épuisés. L’un des hommes fit un signe de la main, un signe d’avertissement, d’arrêt. Alors, tout le monde s’arrêta brusquement, voyant alors au milieu du village une jeune fille au physique ravagé et sale. Ils la regardèrent comme une sans-abri, les femmes du groupe posèrent une main sur leurs cœurs, voyant l’abominable travail sur le visage de celle-ci. Personne n’eut la force de bouger, ni même l’envie, trop peureux pour ça. La jeune fille vient ouvrir la porte de sa maison, entrant en silence, elle la claqua derrière elle, avant de se laisser tomber dans le centre de la pièce, comme attiré par celui-ci.

Le soleil se déclinait lentement, les murs de sa maison s’assombrissaient alors qu’elle était assise, immobile, au centre de la pièce. Cette pièce fournie de divers meubles solides et noirs, contrastants totalement avec la pâleur éblouissante de ses murs blancs. Ses yeux rouges, rivés sur la lampe à huile, étaient la seule partie de son corps qui semblait pouvoir encore se mouvoir, comme si le reste de son être était figé, tel une statue et qu’elle risquerait de se briser au moindre mouvement. Elle resta alors là, pendant une heure, deux heures, puis trois, cet emplacement était devenu son tombeau, les bras rigides, croisés contre sa maigre poitrine, comme pour empêcher quelque chose de sortir, ou à l’inverse… d’entrer.

Contrairement au reste de sa carcasse, ses yeux gonflés, eux, semblaient en pleine activité, recherchant désespérément une sortie à cet infini néant, une sortie à cette position dans laquelle elle était restée depuis trop longtemps. Mais malgré tout, une ombre la tirait en arrière, lui refusant la paix, la clouant à ce sol froid. Les lueurs rouges du crépuscule couraient sur elle, ses yeux tournant rapidement, elle fixa ce dernier rayon comme une dernière sortie, un moyen de quitter cet aspect de tas de ferraille, une rédemption. Elle fixa le firmament aux couleurs vermillon et soudain, son armature, altérée par la nostalgie d’un temps passé, bougea.  

Elle se releva difficilement, grâce à l’appui de ses genoux. Le débris dans sa poitrine sembla la retenir et pourtant, par le plus grand des miracles, elle se déplaça. Ses bras tenaillés, ses jambes meurtries, son corps maladif et blafard titubèrent jusqu’à la fenêtre, et en ouvrant avec peine celle-ci, elle vacilla. Ses yeux larmoyants se tournèrent vers son lit, contemplant d’un air admiratif celui-ci, comme un repos éternel. Elle sentit qu’elle devait se libérer de toute cette ombre, de cette infinie douleur qui la réduisait à l’état de mort en sursis. Elle finit alors par se trainer sur celui-ci, morne, et s’allongea, fermant les yeux, la bouche encore cousue. Elle s’endormit, son cœur s’arrêtant...  

La mère de la jeune victime s’était réveillée, elle voulait que cela soit un cauchemar, que cela ne soit jamais arrivé, mais pourtant la réalité était ce qu’elle était. A son réveil elle vit alors au milieu de la ville un cadavre recouvert d’un voile blanc. Cette mère, mère à la réputation de femme parfaite dans ce village, regarda en tremblant de tout son être le voile blanc, ayant encore de l’espérance, espérant que cela ne soit pas sa douce et tendre fille, la jeune fille aux longs cheveux blonds.

Elle s’approcha, - après avoir enfermé son autre enfant chez elle -, la peau blanche, l'air maladif, le souffle coupé, son cœur alors s’emballa. Elle vint alors baisser la tête, ses genoux tombant contre le sol, frappant celui-ci d’une force lourde. Sa main tremblante et froide se glissa contre ce voile blanc, le voile de la mort, de la liberté sans failles, elle retira légèrement le drap, voyant alors le front de sa fille, les cheveux ainsi que ses yeux. D’un geste brusque, elle retira ses mains dans un hurlement, un hurlement fort affreux d’une femme ayant parti une partie d’elle, une partie de son cœur, une femme détruite, dans ce monde cruel, dans ce monde étrange. Les larmes s’emparant de ses yeux, le flou au premier plan, elle finit par essuyer ses yeux, venant alors se mettre sur ses deux genoux, bien droite.  

C’était une femme croyante, la lumière était pour elle tout ce qu’il y avait de mieux dans ce monde, après ses enfants. Elle parla alors d’une voix frêle, morte. Récitant visiblement une prière, celle qu’elle récitait avec sa douce jeune fille, quand elle pouvait encore sourire, bouger, vivre.  

«Sainte Lumière qui voit toute chose, Dont rien ni personne ne résiste à la volonté, Sauve - nous et délivre - nous, Des mains de nos ennemis, Nous te supplions, De nous donner la force, Montre - nous la voie de la victoire, Afin que nous la remportions, En Ton nom Immortel … »


Sous le choc, la femme s’arrêta après « En Ton nom Immortel. », n’ayant plus la force de tenir, une femme s’approcha, une amie, voulant visiblement l’aider, voulant lui offrir un soutien mental, physique. Lorsqu’elle vint toucher l’épaule de la mère, celle-ci hurla, rouge de colère, d’un geste brusque elle frappa cette dernière au niveau de l’estomac et se releva.

« Je demande un enterrement, et maintenant. »


Tout le monde releva alors la tête, les hommes ayant plaqué leurs hauts-de-forme contre leur torse, les femmes, pleurant discrètement. Les hommes de Surwich se dirigèrent tous vers le cimetière de la ville. Celui-ci était petit, peu de gens étaient morts ici. Des trous étaient déjà présents, pour les vieilles personnes qui n’allaient pas passer l’hiver. Ils arrivèrent donc, avec le corps de cette jeune fille, l’ayant déposée dans le trou sinistre, tout en douceur. La mère, et le frère était présents, et devant ce trou sinistre, le frère resta là, sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche. La pauvre mère se mit alors à parler.

« Et le jour est venu pour nous, et en ce lieu, de rendre un ultime hommage à cette personne formidable que tu étais et que tu es, Laura. J'ose parler au présent, car tu es et resteras dans nos cœurs, jusqu'au jour où nous devrons à notre tour rendre le dernier soupir. Mon accoutrement aujourd'hui sort des conventions et des coutumes habituelles. Je désirais symboliser cette dualité des sentiments, où s’entremêlent le noir symbole de perte, et ce blanc symbole de délivrance et de joie. Car oui, tu es une personne qui nous est chère, et tu nous manqueras. Toi, qui a toujours su écouter, qui a toujours sourire, même lorsque les moments étaient compliqués. Jamais tu ne t'es plainte, jamais je ne t'ai vue de mauvaise humeur ; et en cela tu es un exemple pour nous tous, nous pauvres hommes qui nous plaignons sans cesse, pour un rien. Tu n'es pas morte, tu as simplement arrêté de vivre lorsque tu n’eus plus ton ange, la chose simplement d'elle - même arriva, comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va. Tu vas désormais rejoindre la lumière et l'éternité, car oui, un jour une personne qui m'est chère m'a dit que l'on ne partait pas tout de suite, que l'on restait quelque temps avant le grand voyage. Ainsi je me plais à m'imaginer que tu es là, auprès de nous et que tu vois à quel point tu es une personne précieuse pour nous tous. Je te remercie pour ce que tu es, une personne juste, attentionnée, généreuse, gentille...et j'en passe. Ton altruisme m'a ébloui ; tu vivais pour les autres plus que pour toi. La mort n'est pas l'obscurité. C'est une lampe qui s'éteint car le jour se lève... Ne pleurons pas de t'avoir perdue, mais réjouissons nous de t'avoir connue... Ainsi je ne te dis pas au revoir, mais à bientôt. Bon voyage à toi… ma belle.»


C’est ainsi que Laura, trouva enfin, le repos éternel.
Edward Alma
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